Critique : Le Pacte des Menteurs, Rebecca Whitney

9782207118610

Edition : Denoël
Date de parution : 24/10/2015
Prix : 20,50 €
Nombre de pages : 313
Genre : thriller
Note : 16/20

RĂ©sumĂ© : Rachel et David forment un couple en apparence sans histoire. Mais un jour, la jeune femme tue un homme au volant de sa voiture. David fait disparaĂźtre le corps puis ils tentent de reprendre le cours de leur vie. Rachel, consumĂ©e par la culpabilitĂ©, sombre dans l’autodestruction et attise les pulsions manipulatrices et possessives de son mari.

Cette lecture… Que dire de plus si ce n’est que je l’ai trouvĂ© trĂšs enrichissante d’un point de vue moral et vous allez comprendre pourquoi. Plusieurs thĂ©matiques actuellement ancrĂ©es dans notre sociĂ©tĂ© y sont abordĂ©es. En premier lieu, il y est question des violences conjugales, que celles-ci soient physiques ou psychologiques. Je trouve que nous n’en parlons pas assez. Dans la presse, dans les livres, Ă  la tĂ©lĂ©vision, ce sujet est encore bien trop tabou alors qu’il ne devrait pas l’ĂȘtre. Bien sĂ»r lorsqu’une femme succombe aux blessures infligĂ©es par son mari, il est vrai que le sujet est abordĂ©. Mais il l’est rarement avant. Par « avant », j’entends « avant que le dĂ©nouement n’ait lieu ».

Rachel, principale protagoniste du roman, est littĂ©ralement sous l’emprise de son bourreau de mari. Marcher dans son sens et satisfaire chacun de ses dĂ©sirs doivent ĂȘtre ses uniques lignes de conduite et ce depuis le dĂ©but de leur relation. Elle se plie Ă  lui durant des annĂ©es. Jusqu’Ă  ce qu’un Ă©vĂ©nement tragique vienne troubler sa routine… DĂšs le dĂ©but du Pacte des Menteurs, nous, lecteurs, ne pouvons que voir venir la fin de cette tortueuse union qui lie Rachel Ă  son mari, David. Cependant, une question s’impose immĂ©diatement Ă  nous : dans quelles mesures et circonstances ce mariage prendra t-il fin?

J’Ă©tais alors bel et bien angoissĂ©e car, rapidement, je me suis prise d’affection pour cette jeune femme qui tente simplement de s’Ă©vader de cette emprise qu’exerce David sur elle et son existence toute entiĂšre. Je ne voulais pas que toute cette histoire se termine mal et jusqu’Ă  la fin, jusqu’Ă  ce que je sache si oui ou non c’Ă©tait le cas, ce suspense Ă©tait rĂ©ellement prĂ©sent. (Je vous laisse lire cet ouvrage afin que vous puissiez voir par vous-mĂȘmes si tout cela se termine bien… Ou non.)

Dans un second temps (Oh mon Dieu ! J’ai l’impression de retourner quelques annĂ©es en arriĂšre et reprendre la rĂ©daction de commentaires et de dissertations…!) ou plus prĂ©cisĂ©ment, en arriĂšre plan de cette premiĂšre thĂ©matique, on en retrouve principalement une autre qu’est le harcĂšlement qui se retrouve intimement liĂ©e aux violences dont il est question ici.
Je me suis rendue compte, au fil de ma lecture, que l’intrigue principale, qui s’axe sur le secret gardĂ© des deux Ă©poux concernant l’accident et l’avancĂ©e de l’affaire, laisse place Ă  une seconde intrigue. Secondaire, certes, mais plus prĂ©sente que jamais lors de notre avancĂ©e dans ce roman. Petit Ă  petit, ce secret ouvre finalement Ă  Rachel une Ă©chappatoire et semble ĂȘtre la solution Ă  ses soucis. GrĂące aux recherches qu’elle mĂšne sur l’homme dont elle a pris la vie (Je ne vous spoile pas ! C’est dans le rĂ©sumĂ©, promis !), elle s’Ă©loigne de David qui, bien Ă©videmment, ne va pas apprĂ©cier cela et tenter d’y remĂ©dier d’une maniĂšre peu apprĂ©ciable. (Le Pacte des Menteurs n’est pas vraiment un livre joyeux, j’espĂšre que vous l’avez bien compris…)

Toutes ces pĂ©ripĂ©ties mĂšneront Rachel aux limites de ce qu’il y a de pire en elle. Cette lente descente aux Enfers est un vĂ©ritable combat pour elle mais aussi pour toutes ces femmes placĂ©es sous l’emprise de la violence et du harcĂšlement. Je vois Ă  travers Rachel, un personnage auquel n’importe lequel d’entre nous pourrait s’identifier, homme ou femme. Il ne faut pas forcĂ©ment ĂȘtre dans sa situation pour se mettre Ă  sa place et se demander si, finalement, nous ne serions pas aussi quelque peu en train de perdre pied. Du mĂȘme coup, le mental Ă©volue.

Cet ouvrage m’a Ă©tĂ© proposĂ© par les Ă©ditions DenoĂ«l. Les livres proposĂ©s sont toujours trĂšs allĂ©chants et je suis heureuse de pouvoir dire que j’ai rarement Ă©tĂ© déçue par mes choix ! Je les remercie mille fois encore de m’accorder une telle confiance et de continuer de collaborer avec tant de sympathie Ă  mon Ă©gard ! ❀

Citations : 

  • Avoir un besoin, c’est comme avoir un dĂ©faut : on ne sait jamais qui pourrait marchander cette faiblesse un jour ou l’autre.
  • Je n’arrive pas Ă  mettre de mots sur ce que j’Ă©prouve ; ce n’est ni agrĂ©able ni douloureux, peut-ĂȘtre un peu les deux ; c’est suffisamment fort en tout cas pour que j’ai envie de retenir l’air dans mes poumons aussi longtemps que possible.
  • Et enfin il y a l’homme dont j’ai pris la vie. Il n’a plus le choix de rien, lui. Je ne devrais pas l’avoir non plus. Quand on se conduit mal, on n’a que ce qu’on mĂ©rite.
  • Par expĂ©rience, j’ai appris qu’il est souvent plus facile de laisser certaines choses nĂ©gatives arriver, un peu comme de retenir son souffle sous la vague et la laisser passer.
  • Rien ne conditionne cette instant, il ne dĂ©pend de rien qui risquerait de se briser ou de causer une avalanche. Seul existe ce fragment de temps. Pur. Comme je n’en ai jamais connu. Le temps continuera sa course, mais ces secondes-lĂ  resteront de toute Ă©ternitĂ©.
  • Qui sommes-nous sinon la somme de notre expĂ©rience? Nous pouvons choisir quel visage montrer au monde mais il n’y en a qu’un que nous puissions arborer Ă  notre intention.

Critique : Les Enfants de l’Eau Noire, Joe R.Lansdale

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Edition : Denoël
Date de parution : 3/09/2015
Prix : 21,90 €
Nombre de pages : 352
Genre : thriller
Note : 13/20

RĂ©sumĂ© : Texas, annĂ©es 1930. ÉlevĂ©e dans la misĂšre au bord de la Sabine, qui s’écoule jusqu’aux bayous de Louisiane, May Linn, jolie fille de seize ans, rĂȘve de devenir star de cinĂ©ma. Un songe qui s’achĂšve brutalement lorsqu’on repĂȘche dans le fleuve son cadavre mutilĂ©. Ses jeunes amis Sue Ellen, Terry et Jinx, en rupture familiale, dĂ©cident alors de l’incinĂ©rer et d’emporter ses cendres Ă  Hollywood. May Linn ne sera jamais une star, mais au moins elle reposera Ă  l’endroit de ses rĂȘves
 Volant un radeau mais surtout le magot d’un hold-up, la singuliĂšre Ă©quipe s’embarque dans une pĂ©rilleuse descente du fleuve, le diable aux trousses. Car non seulement l’agent Sy, flic violent et corrompu, les pourchasse, mais Skunk, un monstre sorti de l’enfer, cherche Ă  leur faire la peau. Quand vous dĂ©cidez de faire vĂŽtres les rĂȘves d’un autre, ses pires cauchemars peuvent aussi profiter du voyage


MĂȘme lorsque l’on se croit invincible, il ne faut pas perdre Ă  l’esprit que notre pire ennemi n’est autre que nous-mĂȘmes et l’autodestruction, notre seul salut.
Ces quelques mots me semblent tout Ă  fait convenir pour dĂ©finir ce roman et ĂȘtre Ă©galement la « morale » Ă  retenir suite Ă  la lecture de cet ouvrage.

Je viens de terminer ma lecture et je ne sais vraiment pas par oĂč commencer. C’est un peu déçue et malgrĂ© tout satisfaite que je rĂ©dige cette chronique. Je ne m’attendais pas Ă  quelque chose de rĂ©ellement dingue lorsque j’avais pris connaissance du rĂ©sumé mais je trouvais tout de mĂȘme l’intrigue principale assez intĂ©ressante pour avoir envie de le lire. Je dois tout de mĂȘme avouer que je m’attendais Ă  un peu plus de… Tout.
Il y avait de l’attente, oui. Il y avait du « dĂ©gueu », Ă  plusieurs reprises. Il y avait quelques rĂ©vĂ©lations, par-ci, par-lĂ . Mais je n’ai pas connu les retournements d’estomac, de cerveau et de situation. Et je crois que c’est ce qui m’a déçu, finalement. J’ai l’habitude de lire des policiers/thrillers oĂč durant des centaines et des centaines de pages, je pense connaĂźtre la vĂ©ritĂ© ultime pour me retrouver, une dizaine de pages plus tard, face au mur et remuer ce que j’appelais des certitudes. Je pense que c’est ce que j’aime le plus dans la Lecture avec un grand L : ne plus ĂȘtre sĂ»re de rien (c’est aussi pour cela que le thriller est mon genre littĂ©raire prĂ©fĂ©rĂ©, je suppose). Mais ici quand, au fil des pages, nous en apprenons davantage au sujet des personnages et du meurtre de la jolie May Linn, je m’attendais Ă  quelque chose de plus recherchĂ©, de plus « ouf », suffisamment pour me dire « waouh, je n’aurais jamais pu m’en douter !« . Car mĂȘme si je n’avais pas dĂ©duit d’avance ce qui est rĂ©vĂ©lĂ© au lecteur, mon cƓur n’en a pas Ă©tĂ© au point de louper un battement. En bref, rien d’exceptionnel.

C’est lĂ  que vous vous dites « Mais elle n’avait pas dit qu’elle Ă©tait tout de mĂȘme satisfaite de sa lecture?« . A en lire le paragraphe prĂ©cĂ©dent, vous pourriez en effet penser que ce roman ne vaut pas le dĂ©tour et ne vaut pas non plus que vous dĂ©boursiez 21,90 € pour vous forgez votre propre avis. Et c’est lĂ  que vous vous trompez. 😉 Certes, il y a beaucoup d’Ă©lĂ©ments dont je n’ai pas Ă©tĂ© satisfaite mais si l’on prend « Les Enfants de l’Eau Noire » dans sa globalitĂ© alors, on peut dire que ce dernier m’a plu.
L’histoire se dĂ©roule durant les annĂ©es 1930 au Texas. Le racisme et l’homophobie sont alors ancrĂ©s dans la sociĂ©tĂ©. Pour preuve, il en est question tout au long du roman. A plusieurs reprises, l’auteur fait rĂ©fĂ©rence Ă  la couleur de peau de Jinx, amie de Sue Ellen, et aux inconvĂ©nients que lui apporte sa peau sombre comme, entre autres exemples, le fait de devoir se mettre en retrait lorsqu’il s’agit de s’adresser Ă  des personnes blanches. Il en va de mĂȘme pour Terry, Ă©galement membre de notre trio d’amis, qui se fait sans cesser blĂąmer Ă  cause de son dĂ©sintĂ©rĂȘt pour la gente fĂ©minine.
Ces mises en situation mettent le lecteur face Ă  une rĂ©alitĂ© qui Ă©tait encore bel et bien prĂ©sente, il y a quelques annĂ©es dans de nombreux pays et qui l’est parfois encore de nos jours. De plus, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, j’aime beaucoup les livres parlant de ces deux types de discrimination. (Ce qui accorde donc un bon point Ă  cet ouvrage. 🙂 ) Selon moi, le racisme et l’homophobie, et plus notamment leur histoire, ne doivent pas ĂȘtre tabous. Il faut pouvoir en parler afin de mieux les combattre.

Peace ! ☟

L’un des points qui rend Ă©galement ce roman intĂ©ressant, Ă  mes yeux, est que lors de l’intrigue principale, soit le pĂ©riple de notre petite troupe jusqu’Ă  Hollywood pour y dĂ©verser les cendres de leur dĂ©funte amie, May Linn, les personnages Ă©voluent et changent. Ils sont sans cesse empreints au doute et Ă  la peur. Et pourtant, le lecteur ne peut que ressentir qu’une infime partie d’eux-mĂȘmes se dĂ©veloppe pour laisser enfin s’exprimer leur vĂ©ritable personnalitĂ©, rĂ©primĂ©e durant tant d’annĂ©es par leur environnement familial.

En conclusion, bien que ce roman manque de ce petit plus qui aurait pu faire de lui un rĂ©cit exceptionnel, il n’est pas non plus Ă  blĂąmer et Ă  placer tout au bas de l’Ă©chelle. Je reste malgrĂ© tout heureuse d’avoir pu le lire et remercie du fond du cƓur les Ă©ditions DenoĂ«l pour leur gentillesse quant aux services-presse que ceux-ci m’envoient ainsi que leur sympathie Ă  mon Ă©gard !

Citations : 

  • Chie dans une main et rĂȘve dans l’autre et tu verras bien laquelle est pleine en premier. Elle disait la mĂȘme chose Ă  propos de la priĂšre…
  • Peut-ĂȘtre que papa avait vraiment le don de voir l’avenir, mais qu’il Ă©tait juste trop con pour en tirer quelque chose.

Critique : Oliver ou la Fabrique d’un Manipulateur, Liz Nugent

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Edition : Denoël
Date de parution : 3/09/2015
Prix : 20,50 €
Nombre de pages : 242
Genre : psychologie
Note : 15/20

RĂ©sumĂ© : Alice et Oliver Ryan sont l’image mĂȘme du bonheur conjugal. Complices, amoureux, ils mĂšnent la belle vie. Pourtant, un soir, Oliver agresse Alice avec une telle violence qu’il l’a plongĂ© dans le coma. Alors que tout le monde cherche Ă  comprendre les raisons de cet acte d’une brutalitĂ© sans nom, Oliver raconte son histoire. Tout comme les personnes qui ont croisĂ© sa route au cours des cinquante derniĂšres annĂ©es. Le portrait qui se dessine est stupĂ©fiant. DerriĂšre la façade du mari parfait se cache un tout autre homme. Et lorsque le passĂ© ressurgit, personne n’est Ă  l’abri, pas mĂȘme Oliver.

Tout se sait un jour ! Voici la ligne directrice de ce roman à suspense. Nous aurons beau tenter de dissimuler un quelconque secret, la vérité finira toujours par éclater.

DĂšs la premiĂšre phrase, le lecteur est plongĂ© dans la sombre atmosphĂšre du roman. « La premiĂšre fois oĂč je l’ai frappĂ©e » … J’Ă©tais consciente d’avoir choisi un livre qui allait parler des violences conjugales lorsque j’ai envoyĂ© ma sĂ©lection du mois de septembre aux Ă©ditions DenoĂ«l. Mais je ne pensais pas ĂȘtre jetĂ©e dans la gueule du loup d’entrĂ©e de jeu. Cela ne m’a pas gĂȘnĂ©e pour autant. Je dois mĂȘme avouer que cela m’a fait plaisir d’entrer directement dans le vif du sujet. (Eh oui, il y a parfois des livres dans lesquels il est difficile de se plonger car l’intrigue met du temps Ă  se mettre en place. Ce n’est pas le cas de celui-ci.)

Suite Ă  l’agression de sa femme, Alice, s’en suit une enquĂȘte sur les motifs de son mari, Oliver, pour avoir fait preuve d’une telle violence. J’ai pu rapidement constater que le rĂ©cit Ă©tait tissĂ© tel un ensemble d’interrogatoires mis bout Ă  bout. A chaque nouveau chapitre, un nouveau narrateur prend la parole. Tour Ă  tour, les personnages dĂ©filent et expliquent le lien qu’ils avaient avec Oliver avant le fameux « incident ». Parfois, leur rĂ©cit est interrompu et le lecteur n’en connaĂźtra la suite que lors d’un tout autre chapitre quelques pages plus loin. J’ai trouvĂ© cela d’autant plus passionnant car cela laisse le lecteur en attente tel que le serait un fan de sĂ©ries attendant le prochain Ă©pisode de l’une de ses prĂ©fĂ©rĂ©es ! (Je sais que vous vous reconnaissez ! 😛 )
Les personnages nous font part de leur passĂ©, de leurs vies respectives pour ainsi faire la lumiĂšre sur leurs secrets les plus sombres et les plus enfouis. Mais cela ne nous permet pas seulement de mieux les connaĂźtre, il s’agit avant tout de dĂ©lier l’intrigue principale et, Ă  la maniĂšre d’un policier, de mieux comprendre les motifs du coupable.

Ce qui est Ă©galement trĂšs intĂ©ressant lors de la lecture de cet ouvrage, c’est que, selon les chapitres, il est question d’Oliver, le personnage principal, lors de ses jeunes annĂ©es. On est alors bien loin du Oliver dont il est question dans le premier chapitre. Le lecteur peut donc parfois avoir tendance Ă  oublier qu’il s’agit de l’Ă©volution d’un jeune garçon apparemment normalement constituĂ©, si je puis dire (car qu’est-ce qu’ĂȘtre « normal » ?), en un homme manipulateur tel qu’on en voit souvent dans les tĂ©lĂ©films allemands qui remplissent tant bien que mal nos longues aprĂšs-midis d’ennui dans le canapĂ©. Le lecteur ne doit pas se sortir de l’esprit qu’il ne s’agit de rien d’autre que de la fabrique d’un manipulateur…

En somme, j’ai bien aimĂ© cette lecture et suis trĂšs heureuse que les Editions DenoĂ«l m’aient proposĂ© de recevoir ce livre afin de pouvoir donner mon avis sur celui-ci. L’intrigue est trĂšs bien ficelĂ©e et jusqu’au bout, je n’aurais jamais pu prĂ©tendre me douter de la dure vĂ©ritĂ©.

Citations : 

  • Chez les fous on n’utilise pas le terme de prisonniers. « C’est le politiquement correct devenu cinglĂ© ! ».
  • Pas besoin d’aimer une personne. Il suffit d’aimer l’idĂ©e que l’on se fait d’elle. On peut alors l’idĂ©aliser et la transformer en celle dont on a besoin.
  • Un gĂ©nocide a lieu chaque jour dans un endroit du monde et qu’il est plus facile pour nous de prĂ©tendre que ce n’est pas le cas, plus facile d’éteindre la tĂ©lĂ©vision ou de faire abstraction de l’article de presse qui en parle.
  • On a beau essayer, on n’oublie pas la pire pĂ©riode de sa vie. J’ai passĂ© tellement d’annĂ©es Ă  espĂ©rer changer les choses. Et si nous avions fait ci, et si nous avions fait cela
 La douleur est toujours prĂ©sente. Le temps ne fait rien Ă  l’affaire. C’est un mensonge. On s’habitue Ă  la blessure, c’est tout. Rien de plus.

 

Critique : Les Sept Soeurs – Maia (tome 1), Lucinda Riley

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Edition : Charleston
Prix : 22,50 €
Nombre de pages : 509
Genre : contemporain
Note : 17/20

RĂ©sumĂ© : À la mort de leur pĂšre, Ă©nigmatique milliardaire qui les a adoptĂ©es aux quatre coins du monde lorsqu’elles Ă©taient bĂ©bĂ©s, Maia d’ApliĂšse et ses sƓurs se retrouvent dans la maison de leur enfance, Atlantis, un magnifique chĂąteau sur les bords du lac de GenĂšve.
Pour hĂ©ritage, elles reçoivent chacune un mystĂ©rieux indice qui leur permettra peut-ĂȘtre de percer le secret de leurs origines. La piste de Maia la conduit au-delĂ  des ocĂ©ans, dans un manoir en ruines sur les collines de Rio de Janeiro, au BrĂ©sil. C’est lĂ  que son histoire a commencé  Secrets enfouis et destins brisĂ©s : ce que Maia dĂ©couvre va bouleverser sa vie.

Ce premier livre d’une sĂ©rie de sept romans est un fabuleux voyage dans un pays que je ne connais finalement pas plus que cela : le BrĂ©sil. J’Ă©tais heureuse de me retrouver tĂ©lĂ©portĂ©e dans un tel dĂ©cor Ă©tant donnĂ© que j’ai trĂšs rarement lu d’ouvrages s’y dĂ©roulant. Et si l’on pourrait croire que ce pays n’est Ă©voquĂ© que pour sa chaleur Ă©touffante et sa salsa enivrante, il n’en est rien. Non seulement, nous avons un roman Ă  l’intrigue palpitante mais nous avons aussi un vĂ©ritable guide historique et Ă©conomique du BrĂ©sil. C’est une aubaine pour ceux qui, tout comme moi, s’intĂ©ressent au monde qui les entoure, aux pays Ă©trangers et leurs population diverses et variĂ©es. Mais attention, lorsque je parle de guide historique et Ă©conomique, ne vous imaginez pas le cĂŽtĂ© barbant de la chose. Rien Ă  voir avec les cours de gĂ©ographie sur les diffĂ©rents PIB du monde entier ou cours d’Ă©conomie nous apprenant Ă  faire de la comptabilitĂ©. (Oui, bon, vous aurez compris que ce n’Ă©tait pas mes cours prĂ©fĂ©rĂ©s. Et oui, en seconde, j’avais un cours d’Ă©conomie obligatoire… Youpi !)

Si vous ĂȘtes Ă©galement de fervents amateurs de mythes et de lĂ©gendes, sachez Ă©galement que ce livre se base sur la lĂ©gende de la constellation des Sept Soeurs (Les PlĂ©iades) :  Maia, Alcyone, AstĂ©rope, CĂ©lĂ©ano, TaygĂšte, Électre et MĂ©rope. Evidemment, je ne vais pas vous faire tout un cours sur celle-ci. Mais si cela vous intĂ©resse, cliquez ici ! 😉

HonnĂȘtement, lorsque j’ai commencĂ© Ă  lire les premiers chapitres, je me suis demandĂ©e Ă  plusieurs reprises oĂč tout cela allait me mener. Mais j’ai Ă©tĂ© trĂšs agrĂ©ablement surprise lorsque l’auteure, Lucinda Riley, a commencĂ© Ă  nous mettre sur la piste des origines de Maia. Les changements de narrateur sont bien exĂ©cutĂ©s et Ă  aucun moment, le lecteur ne se sent perdu, Ă  ne plus trop savoir qui parle, comme cela peut parfois ĂȘtre le cas dans certains romans.
Sa plume est incroyablement lĂ©gĂšre. Tant et si bien que les mots ont dĂ©filĂ© Ă  une vitesse folle devant mes yeux. J’avais vraiment beaucoup de mal Ă  me stopper dans ma lecture. Surtout lorsque j’avais atteint la moitiĂ© du livre. La tension Ă©tait Ă  son comble et le sort des personnages Ă©tait encore bien incertain. Bien sĂ»r, comme lors de toute bonne lecture, j’ai fait mes propres suppositions « Ah mais donc, ce serait elle, sa mĂšre? Mais non, pas possible. Elle est trop vieille. Bon et lui? C’est son pĂšre du coup?« . Au bout du compte, j’ai fait une bien piĂštre enquĂȘtrice. Toutes mes suppositions concernant certains points prĂ©cis (Je ne vais pas vous dire lesquels, hein? Sinon, ce n’est pas du jeu ! 😉 ) se sont avĂ©rĂ©es fausses et si je m’Ă©tais attendue Ă  de telles rĂ©vĂ©lations, je ne les aurais pas moi-mĂȘme crues avant d’avoir lu le livre de mes propres yeux.

J’espĂšre de tout cƓur que Lucinda Riley saura nous faire tout autant voyager dans la suite de cette saga. Cette derniĂšre est dĂ©jĂ  fort prometteuse et annonce de nombreux rebondissements hauts en couleurs avec ces sept jeunes filles plus incroyables les unes que les autres. 😀

Je remercie une nouvelle fois les Ă©ditions Charleston pour leur efficacitĂ©, leur confiance et pour les fabuleuses lectures qu’ils me font chaque fois dĂ©couvrir. Recevoir l’un de leurs services-presse est toujours un cadeau Ă  mes yeux ! ❀

Citations :

  • Ne laisse jamais ta peur dĂ©cider de ton destin.
  • Et ne l’oublie jamais, il est important que l’homme soit plus amoureux de la femme que l’inverse. (…) Parce que, ma chĂ©rie, le cƓur des femmes peut ĂȘtre inconstant et aimer plusieurs fois. Les hommes montrent moins leurs Ă©motions, mais lorsqu’ils aiment, ils aiment gĂ©nĂ©ral pour toujours.
  • Si je dois passer ma vie avec quelqu’un, je veux me rĂ©veiller tous les matins et contempler les yeux de la femme que j’aime. 
  • J’ai remarquĂ© les regards qu’il a parfois pour toi, la tendresse avec laquelle il caresse la pierre en travaillant, comme s’il rĂȘvait de te toucher, toi…
  • Elle avait compris qu’elle ne pouvait pas lutter, mais seulement capituler, accepter cet amour, car il resterait cachĂ© au fond de son cƓur aussi longtemps qu’elle vivrait. 
  • Sois assurĂ© que chaque jour de ma vie, je m’Ă©veillerai en pensant Ă  toi, en priant pour toi, et en t’aimant de tout mon cƓur. 
  • Il me manquait, non pas comme une passion passagĂšre dont on se sent l’esclave, mais tout simplement parce qu’il faisait partie de moi-mĂȘme. 

Critique : Am Stram Gram, M.J Arlidge

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Edition : Les Escales Noires
Prix : 21,90 €
Nombre de pages : 368
Genre : thriller / policier
Note : 18/20 ❀

RĂ©sumĂ© : Deux jeunes gens sont enlevĂ©s et sĂ©questrĂ©s au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’Ă©chapper. À cĂŽtĂ© d’eux, un pistolet chargĂ© d’une unique balle et un tĂ©lĂ©phone portable avec suffisamment de batterie pour dĂ©livrer un terrible message : « Vous devez tuer pour vivre. » Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’Ă  l’issue fatale.
Les enlĂšvements se rĂ©pĂštent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait Ă©tĂ© confrontĂ©e. Si elle n’avait pas parlĂ© avec les survivants traumatisĂ©s, elle ne pourrait pas y croire.
Helen connaßt les cÎtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe.
Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

Avant de vous parler de ce livre, il faut avant tout que je vous exprime cette bonne humeur qui m’anime Ă  la simple idĂ©e de pouvoir partager Ă  nouveau avec vous mon avis concernant les livres que j’ai lu. Cela m’avait tellement manquĂ© ! Je pense que tous les blogueurs et blogueuses qui liront ces quelques phrases comprendront de quoi je parle. 🙂

Par oĂč pourrais-je commencer? « Par le commencement ! », haha ! Bon, ok ! C’est une rĂ©plique vieille comme le monde mais ne m’en voulez pas trop. Je suis seul public de mon sens de l’humour. 😩
Autant vous dire que lorsque j’ai pris connaissance du rĂ©sumĂ© d’Am Stram Gram, j’Ă©tais littĂ©ralement happĂ©e par l’ambiance dans laquelle j’allais me plonger durant ma lecture. Je suis une Ă©ternelle fan des films SAW alors forcĂ©ment… A la simple idĂ©e d’avoir Ă  faire Ă  un psychopathe pervers s’amusant Ă  faire souffrir ses victimes dans un « jeu » de son invention et dont l’enjeu n’est connu que de lui-mĂȘme, j’Ă©tais comme une enfant Ă  laquelle on promet une ballade à dos de licorne. (Euh… Wait !)

Pour ĂȘtre honnĂȘte, j’ai tellement apprĂ©ciĂ© le rĂ©sumĂ© et Ă©tais tellement pleine d’espoir concernant cet ouvrage que j’avais vraiment peur d’ĂȘtre confrontĂ©e Ă  une grande dĂ©ception Ă  la fin de ma lecture. Mais ça n’a pas du tout Ă©tĂ© le cas ! (D’oĂč le 18/20, hein.)
MĂȘme si j’ai vraiment mis beaucoup de temps avant de le terminer (merci l’Ă©tĂ© et mon rythme de vie Ă  300 km/h), chaque instant oĂč je m’installais pour suivre le fil de l’intrigue Ă©tait un rĂ©gal. Les chapitres sont courts et chacun d’entre eux recĂšle d’informations qui entraĂźnent le lecteur dans un tourbillon de questionnements. Des dizaines de fois, je pensais connaĂźtre l’identitĂ© de cette mystĂ©rieuse personne Ă  l’origine de tous ces enlĂšvements. Et puis, Ă  chaque fois, je me rendais compte combien j’avais pu ĂȘtre naĂŻve, combien l’auteur nous manipulait avec talent et professionnalisme… Je me rendais bel et bien compte que cette affaire n’allait pas ĂȘtre rĂ©glĂ©e si facilement.

Le tueur Ă©tait loin d’ĂȘtre un dĂ©butant. Il avait Ă©tudiĂ© de A Ă  Z chaque personne qu’il visait, chaque situation. Il savait manipuler Helen Grace et son Ă©quipe afin de pouvoir leur faire croire qu’ils allaient enfin le capturer aprĂšs tant d’efforts et de tentatives. Au final, le tueur manipule la police aussi bien que son crĂ©ateur, M.J Arlidge, manipule ses lecteurs. Comme pour nous rappeler que nous sommes nous aussi concernĂ©s par ce qu’il se trame.

Vous l’aurez donc compris, l’intrigue Ă©tait, Ă  mon goĂ»t, trĂšs bien ficelĂ©e, bien menĂ©e et ce jusqu’Ă  la fin. Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de thrillers et je dois avouer que cela fait du bien de retourner aux sources de temps en temps. Car il ne faut pas oublier que le thriller fait tout de mĂȘme partie de mon genre littĂ©raire prĂ©fĂ©rĂ©, mĂȘme si j’en ai lu trĂšs peu ces derniers mois.

En ce qui concerne les personnages, on ne peut pas vraiment dire que je me sois attachĂ©e Ă  eux. Je me posais surtout beaucoup de questions les concernant. NĂ©anmoins, je ne vous dirais pas lesquelles car je risquerais de vous spoiler en vous les Ă©nonçant. Et malgrĂ© le fait que beaucoup de questions soient restĂ©es sans rĂ©ponse, je me dis que l’auteur voulait peut-ĂȘtre que nous imaginions ce que les personnages avaient pu devenir Ă  la suite de toute cette histoire.

Jusqu’au bout, j’ai retenu mon souffle. Jusqu’au bout, j’ai Ă©tĂ© assaillie par le doute. Jusqu’au bout, j’ai adorĂ© ce roman ! ❀

Citations :

  • Mais quand on est prisonnier, les jours paraissent sans fin et l’espoir est le premier Ă  mourir.
  • La confiance est une chose : difficile Ă  gagner, facile Ă  perdre. Je ne suis plus sĂ»r de rien. Tout ce que je sais, c’est que l’un de nous va mourir. 
  • Comment se rĂ©veille t-on quand on rĂȘve? Quand on est au beau milieu d’un cauchemar, comment s’extirpe t-on de l’abysse?
  • Il n’avait jamais Ă©tĂ© trĂšs Ă  l’aise dans le espaces clos. Il aimait toujours savoir oĂč Ă©tait l’issue de secours dans n’importe quelle situation. Or voilĂ  qu’il Ă©tait pris au piĂšge, pire, retenu prisonnier sous terre. EnterrĂ© vivant.
  • Je ne me rappelle pas la premiĂšre fois que j’ai vu mon pĂšre frapper ma mĂšre. Je ne me rappelle pas vraiment ce que je vois de toute façon. C’est les bruits dont je me souviens le mieux. Le bruit d’un poing sur un visage. D’un corps qui vient s’Ă©craser sur la table de la cuisine. Un crĂąne qui percute un mur. Les gĂ©missements. Les cris. Les injures Ă  la chaĂźne. 
  • Du sang s’Ă©coule par le trou dans son visage. Il n’y aura pas de mariage. Silence. Le silence le plus horrible (…). Un meurtrier seul avec sa victime. 
  • Ils Ă©taient les cartes de visite vivantes, le testament en chair et en os du sadisme d’une tierce personne.
  • Quand l’adrĂ©naline et le choc s’Ă©taient dissipĂ©s, il n’avait rien ressenti d’autre qu’une vacuitĂ© Ă©crasante, comme s’il avait perdu le goĂ»t, l’odorat, le toucher et que dĂ©sormais il ne faisait qu’exister plutĂŽt que vivre. 
  • Elle avait toujours Ă©tĂ© sĂ©duisante, mais lĂ  il y avait autre chose. Une chaleur, un sentiment d’optimisme et d’espoir, qui Ă©tait en gĂ©nĂ©ral chez elle dissimulĂ©. La rĂ©vĂ©lation, ce fut son sourire. Pas souvent lĂ , difficile Ă  oublier. 
  • Le dĂ©sespoir Ă©tait plus facile que l’espoir. L’espoir Ă©tait cruel car il lui promettait des choses qu’elle craignait de ne plus jamais connaĂźtre : l’amour, la chaleur, le confort, le bonheur. Rien de tout cela n’Ă©tait possible – c’Ă©tait des rĂȘves – tant qu’elle Ă©tait enterrĂ©e vivante dans cette tombe. 
  • Il y a d’innombrables moments dans la vie de tous les jours oĂč il faut dĂ©cider entre s’ouvrir et s’enterrer bien profondĂ©ment. En amour, au boulot, au sein de sa famille, avec ses amis, il y a des moments oĂč il faut dĂ©cider si on est prĂȘt Ă  rĂ©vĂ©ler notre vraie personnalitĂ©. 

Critique : Love Gear (Ă  toute allure), Chiaraa Valentin

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Edition : Erato-Editions
Prix : 10,99 €
Nombre de pages : 132
Genre : romance
Note : 9/20

RĂ©sumĂ© : Trop c’est trop ! Que ce soit ses voisins, ses copines, son ex, tout le monde profite de Sara, abuse de sa gentillesse. Pourtant la seule chose qu’elle souhaite c’est qu’on la laisse tranquille et qu’elle puisse se consacrer Ă  ses passions, la musique et les belles voitures.
Jusqu’au jour oĂč … Sa vie change … Ă  toute allure.

MĂȘme si je pense que vous vous en doutez Ă©tant donnĂ© la note que j’ai attribuĂ©e à cet ouvrage, cette lecture a clairement Ă©tĂ© une dĂ©ception… Je ne vous ai pas habituĂ© Ă  ça. Pour preuve, j’ai recherchĂ© Ă  quand remontait ma derniĂšre dĂ©ception livresque. Il s’agissait du livre Le Papillon des Etoiles de Bernard Werber (retrouvez ma critique ici) que j’avais lu durant le mois d’avril et notĂ© 8/20. M’enfin, passons ! Ce n’est pas le sujet. Ici, il est question de l’ouvrage de Chiaraa Valentin auprĂšs de laquelle je m’excuse d’avance pour ce qui va suivre ainsi qu’auprĂšs d’Erato-Editions qui m’a gentiment envoyĂ© ce livre en tant que service-presse.

C’est tout bĂȘte mais je ne m’attendais vraiment pas Ă  ce que l’intrigue se dĂ©roule « Ă  toute allure » Ă  ce point-lĂ . Il est vrai qu’avec un roman d’une centaine de pages, il est difficile de dĂ©velopper Ă©normĂ©ment les personnages et leur caractĂšre ou mĂȘme de dĂ©velopper l’environnement dans lequel ces derniers vont Ă©voluer. En somme, soit on aime, soit on n’aime pas. A la fois dans le titre et dans le rĂ©sumĂ©, le lecteur est prĂ©venu, il a intĂ©rĂȘt Ă  tenir la cadence et Ă  suivre le rythme imposĂ©. MĂȘme en atteignant la derniĂšre page, je n’ai vraiment pas eu le temps de m’attacher Ă  la principale protagoniste, Sara. D’ailleurs, Ă  peine ma lecture dĂ©butĂ©e, celle-ci me tapait dĂ©jĂ  sur les nerfs. Je ne saurais pas vraiment expliquer le pourquoi du comment. Peut-ĂȘtre est-ce parce que d’entrĂ©e de jeu, on se retrouve nez Ă  nez avec une Sara plutĂŽt remontĂ©e et en colĂšre contre le monde entier parce qu’elle se fait prendre pour une idiote Ă  tout bout de champs. « Eh bien, ma grande, rĂ©flĂ©chis un p’tit peu avant de dire amen pour tout et n’importe quoi Ă  n’importe qui ! » avais-je envie de lui dire. Bref, je continue tant bien que mal mon avancĂ©e et arrive Ă  cette fameuse rencontre avec StĂ©phane, le neveu du voisin du dessus. TrĂšs franchement, j’ai trouvĂ© ce dernier vulgaire, voire grossier. A chaque fois qu’il ouvrait la bouche, la mĂȘme phrase tournait en boucle dans ma tĂȘte : « C’est de pire en pire… » D’abord, il commence par appeler « Baby » une femme qu’il ne connaĂźt ni d’Eve, ni d’Adam. Ensuite, (pardon pour la vulgaritĂ© des propos qui vont suivre mais je pense que c’est la façon la plus soft de dĂ©finir cette brutale poussĂ©e d’hormones chez ce monsieur) il veut se la taper et cela juste parce que Sara aime les belles voitures qui vont vite. Wouh !

Bref, je ne vais pas Ă©numĂ©rer les points nĂ©gatifs que j’ai trouvĂ© Ă  ce roman car je ne voudrais pas spoiler quoique ce soit à ceux qui souhaiteraient le lire. Passons donc aux points positifs parce que, oui, il y en a peu mais il y en a ! Lorsque je me suis approchĂ©e de la fin, j’ai fini par avoir un minimum de compassion pour notre chĂšre Sara et le vĂ©cu qu’elle finit ENFIN par nous raconter. Je me suis retrouvĂ©e en elle en plusieurs points et on ne va pas se le cacher, ce genre de choses aide pas mal Ă  apprĂ©cier un personnage de roman (et peut-ĂȘtre mĂȘme une personne dans la vie de tous les jours). Autre point positif et pas des moindres : il s’avĂšre Ă©galement que ce macho de StĂ©phane sait faire preuve de courage et protĂ©ger ceux qu’il ‘ »aime ». Enfin, on va pas abuser non plus, hein? Il connait la nana depuis moins de 24 heures. Mais c’est quand mĂȘme un bon point pour lui !

MalgrĂ© cette dĂ©ception, je remercie tout de mĂȘme Erato-Edition pour l’envoi de ce livre et pour leur comprĂ©hension ! Je suis bien consciente de ne pas ĂȘtre une tendre lorsque je n’ai pas aimĂ© un livre, un film ou mĂȘme un jeu vidĂ©o et pourtant, il existe des personnes qui acceptent la critique qu’elle soit bonne ou mauvaise.

Citations :

  • Les romans, ma seule vie, ma vraie compagnie. Je tombe amoureuse toutes les trois pages et je vis grĂące Ă  leurs aventures. LĂ , je suis forte, je n’ai peur de rien, ni de personne.
  • Il a fait de moi la pauvre petite chose perdue qui cherche la reconnaissance et qui ne rĂ©colte que le vent et les trahisons. Il savait appuyer lĂ  oĂč ça fait mal, il savait dire les mots qui font souffrir. Il ne m’a jamais rien Ă©pargnĂ©, je me suis renfermĂ©e sur moi et j’ai perdu toute confiance en moi et en les autres. Puis, une fois son travail de dĂ©molition consciencieusement effectuĂ©, il est parti, il m’a quittĂ©e.

Critique : Nayra – Magie Obscure (tome 1), Maud Vogel

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Edition : Erato-Editions
Prix : 15,99 €
Nombre de pages : 231
Genre : fantastique
Note : 15/20

RĂ©sumĂ© : Jeune Française de dix-sept ans, Lana Wolski mĂšne une vie plutĂŽt solitaire dans la belle ville de Montauban, depuis la mort de sa mĂšre six mois auparavant. Pourtant, son existence va se retrouver bouleversĂ©e Ă  bien des Ă©gards lorsque son pĂšre se verra offrir une opportunitĂ© de travail qu’il ne pourra refuser, laissant Ă  ses enfants John, Lana et Joy la possibilitĂ© de venir avec lui ou non. Lana choisira donc de suivre son pĂšre et son frĂšre jusqu’à Williamstown, petite bourgade situĂ©e dans le Massachusetts, aux États-Unis.
DĂšs lors, sa vie changera du tout au tout. En effet, elle parviendra trĂšs vite Ă  se faire intĂ©grer et Ă  avoir des amis, se mettant avec facilitĂ© dans la peau d’une lycĂ©enne AmĂ©ricaine typique. Cependant, des Ă©vĂ©nements Ă©tranges et surnaturels vont la confronter Ă  une rĂ©alitĂ© Ă  laquelle elle ne s’attendait pas. Et puis, qui est cette mystĂ©rieuse jeune fille Ă  la chevelure flamboyante qui hante ses nuits ? Les liens du sang sont-ils la base de tout ? Entre ses entrainements de pom-pom-girl, ses cours au lycĂ©e « Mount Greylock » et ses sorties entre amis au « Mezzo », Lana devra percer des secrets magiques de sorcellerie obscure, tout en se protĂ©geant des menaces auxquelles elle s’est retrouvĂ©e exposĂ©e malgrĂ© elle.

BientĂŽt deux mois que je n’avais pas rĂ©digĂ© de chronique. BientĂŽt deux mois que je n’Ă©tais pas parvenue Ă  terminer un seul bouquin. Pourtant, ce n’est pas faute d’en avoir commencĂ© plusieurs mais je n’ai pas dĂ©passĂ© la trentaine de pages Ă  chaque tentative. Nayra – Magie Obscure (tome 1) m’a aidĂ© à me sortir de ce blocage et Ă  me replonger dans le monde des livres. Et rien que pour cela, j’en suis reconnaissante Ă  l’auteure ! 🙂

Du dĂ©but Ă  la fin, j’ai littĂ©ralement dĂ©vorĂ© ce premier tome. DĂšs les premiĂšres lignes, Maud Vogel nous happe, nous plonge dans une transe que tous les livrophiles connaissent. Vous savez? Ce moment oĂč vous ĂȘtes tellement plongĂ©s dans un livre que lorsque l’on vous parle, vous dites « oui, oui » ou bien rien du tout, en ne lĂąchant Ă  aucun moment des yeux les lettres imprimĂ©es que vous suivez Ă  la trace depuis plusieurs heures dĂ©jĂ . Je n’ai levĂ© les yeux de cet ouvrage qu’au moment de me mettre au lit et encore, c’Ă©tait parce que j’Ă©tais extĂ©nuĂ©e sinon, vous vous doutez bien que je ne l’aurais pas lĂąchĂ© ! 😉

En ce qui concerne les personnages, j’ai trouvĂ© qu’ils avaient beaucoup de personnalitĂ©. Cela m’a beaucoup plu mĂȘme si finalement, on se rapproche assez du clichĂ© amĂ©ricain. Qu’il s’agisse de Lana et de sa profonde gentillesse agrĂ©mentĂ©e d’une pointe de courage ; Rosie et ses grands airs de reine du lycĂ©e ; Jessica Ă  la soif intarissable de savoir ; ou encore Lucas, le beau-gosse et Alec, le bad-boy… Mais cela ne m’a pas dĂ©rangĂ©e outre mesure. En mĂȘme temps, ce genre de clichĂ©, on le voit partout de nos jours, hein? Autant dire qu’on ne peut ĂȘtre qu’habituĂ©s. 😉
Quant Ă  l’intrigue principale, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, je l’ai trouvĂ© trĂšs intĂ©ressante. J’ai d’ailleurs vraiment hĂąte de lire le second tome (ainsi que le troisiĂšme) afin de voir oĂč tout cela va nous mener, ce que les personnages vont devenir, etc. Cependant, je m’attendais Ă  quelque chose de plus « recherchĂ© » selon moi quant Ă  certaines rĂ©vĂ©lations, Ă  tel point que l’une d’entre elles m’a paru un peu ridicule. Mais à peine avais-je quittĂ© le flot continu de la narration que je l’avais rejoint quelques lignes plus tard, oubliant cette petite dĂ©ception pour savourer la fin de mon roman.

En somme, je recommande rĂ©ellement cette lecture. Elle s’est avĂ©rĂ©e lĂ©gĂšre, rapide et elle vous vide complĂštement la tĂȘte, vous faisant oublier les petits tracas qui vous occupaient l’esprit quelques instants auparavant.

Je remercie encore Erato-Editions pour cet envoi. C’est toujours un plaisir d’Ă©changer et de collaborer avec cette maison d’Ă©dition. GrĂące Ă  leur Ă©quipe, j’ai pu dĂ©couvrir cet ouvrage, son auteure que j’apprĂ©cie particuliĂšrement pour son naturel et sa gentillesse semblable Ă  celle de son hĂ©roĂŻne, Lana, et j’en suis infiniment heureuse ! ❀

Citations :

  • Pour moi, continua-t-il, heureux de pouvoir Ă©voquer ce passĂ© agrĂ©able, elle Ă©tait mon rayon de soleil, Ă©clairant ma vie morose et froide, aussi sombre que la nuit. Lors de notre rencontre, elle m’a fait l’effet d’une comĂšte s’Ă©crasant sur moi, illuminant d’une maniĂšre insurmontable mon Ăąme seule et perdue.