Critique : Le Pacte des Menteurs, Rebecca Whitney

9782207118610

Edition : Denoël
Date de parution : 24/10/2015
Prix : 20,50 €
Nombre de pages : 313
Genre : thriller
Note : 16/20

Résumé : Rachel et David forment un couple en apparence sans histoire. Mais un jour, la jeune femme tue un homme au volant de sa voiture. David fait disparaître le corps puis ils tentent de reprendre le cours de leur vie. Rachel, consumée par la culpabilité, sombre dans l’autodestruction et attise les pulsions manipulatrices et possessives de son mari.

Cette lecture… Que dire de plus si ce n’est que je l’ai trouvé très enrichissante d’un point de vue moral et vous allez comprendre pourquoi. Plusieurs thématiques actuellement ancrées dans notre société y sont abordées. En premier lieu, il y est question des violences conjugales, que celles-ci soient physiques ou psychologiques. Je trouve que nous n’en parlons pas assez. Dans la presse, dans les livres, à la télévision, ce sujet est encore bien trop tabou alors qu’il ne devrait pas l’être. Bien sûr lorsqu’une femme succombe aux blessures infligées par son mari, il est vrai que le sujet est abordé. Mais il l’est rarement avant. Par « avant », j’entends « avant que le dénouement n’ait lieu ».

Rachel, principale protagoniste du roman, est littéralement sous l’emprise de son bourreau de mari. Marcher dans son sens et satisfaire chacun de ses désirs doivent être ses uniques lignes de conduite et ce depuis le début de leur relation. Elle se plie à lui durant des années. Jusqu’à ce qu’un événement tragique vienne troubler sa routine… Dès le début du Pacte des Menteurs, nous, lecteurs, ne pouvons que voir venir la fin de cette tortueuse union qui lie Rachel à son mari, David. Cependant, une question s’impose immédiatement à nous : dans quelles mesures et circonstances ce mariage prendra t-il fin?

J’étais alors bel et bien angoissée car, rapidement, je me suis prise d’affection pour cette jeune femme qui tente simplement de s’évader de cette emprise qu’exerce David sur elle et son existence toute entière. Je ne voulais pas que toute cette histoire se termine mal et jusqu’à la fin, jusqu’à ce que je sache si oui ou non c’était le cas, ce suspense était réellement présent. (Je vous laisse lire cet ouvrage afin que vous puissiez voir par vous-mêmes si tout cela se termine bien… Ou non.)

Dans un second temps (Oh mon Dieu ! J’ai l’impression de retourner quelques années en arrière et reprendre la rédaction de commentaires et de dissertations…!) ou plus précisément, en arrière plan de cette première thématique, on en retrouve principalement une autre qu’est le harcèlement qui se retrouve intimement liée aux violences dont il est question ici.
Je me suis rendue compte, au fil de ma lecture, que l’intrigue principale, qui s’axe sur le secret gardé des deux époux concernant l’accident et l’avancée de l’affaire, laisse place à une seconde intrigue. Secondaire, certes, mais plus présente que jamais lors de notre avancée dans ce roman. Petit à petit, ce secret ouvre finalement à Rachel une échappatoire et semble être la solution à ses soucis. Grâce aux recherches qu’elle mène sur l’homme dont elle a pris la vie (Je ne vous spoile pas ! C’est dans le résumé, promis !), elle s’éloigne de David qui, bien évidemment, ne va pas apprécier cela et tenter d’y remédier d’une manière peu appréciable. (Le Pacte des Menteurs n’est pas vraiment un livre joyeux, j’espère que vous l’avez bien compris…)

Toutes ces péripéties mèneront Rachel aux limites de ce qu’il y a de pire en elle. Cette lente descente aux Enfers est un véritable combat pour elle mais aussi pour toutes ces femmes placées sous l’emprise de la violence et du harcèlement. Je vois à travers Rachel, un personnage auquel n’importe lequel d’entre nous pourrait s’identifier, homme ou femme. Il ne faut pas forcément être dans sa situation pour se mettre à sa place et se demander si, finalement, nous ne serions pas aussi quelque peu en train de perdre pied. Du même coup, le mental évolue.

Cet ouvrage m’a été proposé par les éditions Denoël. Les livres proposés sont toujours très alléchants et je suis heureuse de pouvoir dire que j’ai rarement été déçue par mes choix ! Je les remercie mille fois encore de m’accorder une telle confiance et de continuer de collaborer avec tant de sympathie à mon égard ! ❤

Citations : 

  • Avoir un besoin, c’est comme avoir un défaut : on ne sait jamais qui pourrait marchander cette faiblesse un jour ou l’autre.
  • Je n’arrive pas à mettre de mots sur ce que j’éprouve ; ce n’est ni agréable ni douloureux, peut-être un peu les deux ; c’est suffisamment fort en tout cas pour que j’ai envie de retenir l’air dans mes poumons aussi longtemps que possible.
  • Et enfin il y a l’homme dont j’ai pris la vie. Il n’a plus le choix de rien, lui. Je ne devrais pas l’avoir non plus. Quand on se conduit mal, on n’a que ce qu’on mérite.
  • Par expérience, j’ai appris qu’il est souvent plus facile de laisser certaines choses négatives arriver, un peu comme de retenir son souffle sous la vague et la laisser passer.
  • Rien ne conditionne cette instant, il ne dépend de rien qui risquerait de se briser ou de causer une avalanche. Seul existe ce fragment de temps. Pur. Comme je n’en ai jamais connu. Le temps continuera sa course, mais ces secondes-là resteront de toute éternité.
  • Qui sommes-nous sinon la somme de notre expérience? Nous pouvons choisir quel visage montrer au monde mais il n’y en a qu’un que nous puissions arborer à notre intention.
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