Critique : Les Enfants de l’Eau Noire, Joe R.Lansdale

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Edition : Denoël
Date de parution : 3/09/2015
Prix : 21,90 €
Nombre de pages : 352
Genre : thriller
Note : 13/20

RĂ©sumĂ© : Texas, annĂ©es 1930. ÉlevĂ©e dans la misĂšre au bord de la Sabine, qui s’écoule jusqu’aux bayous de Louisiane, May Linn, jolie fille de seize ans, rĂȘve de devenir star de cinĂ©ma. Un songe qui s’achĂšve brutalement lorsqu’on repĂȘche dans le fleuve son cadavre mutilĂ©. Ses jeunes amis Sue Ellen, Terry et Jinx, en rupture familiale, dĂ©cident alors de l’incinĂ©rer et d’emporter ses cendres Ă  Hollywood. May Linn ne sera jamais une star, mais au moins elle reposera Ă  l’endroit de ses rĂȘves
 Volant un radeau mais surtout le magot d’un hold-up, la singuliĂšre Ă©quipe s’embarque dans une pĂ©rilleuse descente du fleuve, le diable aux trousses. Car non seulement l’agent Sy, flic violent et corrompu, les pourchasse, mais Skunk, un monstre sorti de l’enfer, cherche Ă  leur faire la peau. Quand vous dĂ©cidez de faire vĂŽtres les rĂȘves d’un autre, ses pires cauchemars peuvent aussi profiter du voyage


MĂȘme lorsque l’on se croit invincible, il ne faut pas perdre Ă  l’esprit que notre pire ennemi n’est autre que nous-mĂȘmes et l’autodestruction, notre seul salut.
Ces quelques mots me semblent tout Ă  fait convenir pour dĂ©finir ce roman et ĂȘtre Ă©galement la « morale » Ă  retenir suite Ă  la lecture de cet ouvrage.

Je viens de terminer ma lecture et je ne sais vraiment pas par oĂč commencer. C’est un peu déçue et malgrĂ© tout satisfaite que je rĂ©dige cette chronique. Je ne m’attendais pas Ă  quelque chose de rĂ©ellement dingue lorsque j’avais pris connaissance du rĂ©sumé mais je trouvais tout de mĂȘme l’intrigue principale assez intĂ©ressante pour avoir envie de le lire. Je dois tout de mĂȘme avouer que je m’attendais Ă  un peu plus de… Tout.
Il y avait de l’attente, oui. Il y avait du « dĂ©gueu », Ă  plusieurs reprises. Il y avait quelques rĂ©vĂ©lations, par-ci, par-lĂ . Mais je n’ai pas connu les retournements d’estomac, de cerveau et de situation. Et je crois que c’est ce qui m’a déçu, finalement. J’ai l’habitude de lire des policiers/thrillers oĂč durant des centaines et des centaines de pages, je pense connaĂźtre la vĂ©ritĂ© ultime pour me retrouver, une dizaine de pages plus tard, face au mur et remuer ce que j’appelais des certitudes. Je pense que c’est ce que j’aime le plus dans la Lecture avec un grand L : ne plus ĂȘtre sĂ»re de rien (c’est aussi pour cela que le thriller est mon genre littĂ©raire prĂ©fĂ©rĂ©, je suppose). Mais ici quand, au fil des pages, nous en apprenons davantage au sujet des personnages et du meurtre de la jolie May Linn, je m’attendais Ă  quelque chose de plus recherchĂ©, de plus « ouf », suffisamment pour me dire « waouh, je n’aurais jamais pu m’en douter !« . Car mĂȘme si je n’avais pas dĂ©duit d’avance ce qui est rĂ©vĂ©lĂ© au lecteur, mon cƓur n’en a pas Ă©tĂ© au point de louper un battement. En bref, rien d’exceptionnel.

C’est lĂ  que vous vous dites « Mais elle n’avait pas dit qu’elle Ă©tait tout de mĂȘme satisfaite de sa lecture?« . A en lire le paragraphe prĂ©cĂ©dent, vous pourriez en effet penser que ce roman ne vaut pas le dĂ©tour et ne vaut pas non plus que vous dĂ©boursiez 21,90 € pour vous forgez votre propre avis. Et c’est lĂ  que vous vous trompez. 😉 Certes, il y a beaucoup d’Ă©lĂ©ments dont je n’ai pas Ă©tĂ© satisfaite mais si l’on prend « Les Enfants de l’Eau Noire » dans sa globalitĂ© alors, on peut dire que ce dernier m’a plu.
L’histoire se dĂ©roule durant les annĂ©es 1930 au Texas. Le racisme et l’homophobie sont alors ancrĂ©s dans la sociĂ©tĂ©. Pour preuve, il en est question tout au long du roman. A plusieurs reprises, l’auteur fait rĂ©fĂ©rence Ă  la couleur de peau de Jinx, amie de Sue Ellen, et aux inconvĂ©nients que lui apporte sa peau sombre comme, entre autres exemples, le fait de devoir se mettre en retrait lorsqu’il s’agit de s’adresser Ă  des personnes blanches. Il en va de mĂȘme pour Terry, Ă©galement membre de notre trio d’amis, qui se fait sans cesser blĂąmer Ă  cause de son dĂ©sintĂ©rĂȘt pour la gente fĂ©minine.
Ces mises en situation mettent le lecteur face Ă  une rĂ©alitĂ© qui Ă©tait encore bel et bien prĂ©sente, il y a quelques annĂ©es dans de nombreux pays et qui l’est parfois encore de nos jours. De plus, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, j’aime beaucoup les livres parlant de ces deux types de discrimination. (Ce qui accorde donc un bon point Ă  cet ouvrage. 🙂 ) Selon moi, le racisme et l’homophobie, et plus notamment leur histoire, ne doivent pas ĂȘtre tabous. Il faut pouvoir en parler afin de mieux les combattre.

Peace ! ☟

L’un des points qui rend Ă©galement ce roman intĂ©ressant, Ă  mes yeux, est que lors de l’intrigue principale, soit le pĂ©riple de notre petite troupe jusqu’Ă  Hollywood pour y dĂ©verser les cendres de leur dĂ©funte amie, May Linn, les personnages Ă©voluent et changent. Ils sont sans cesse empreints au doute et Ă  la peur. Et pourtant, le lecteur ne peut que ressentir qu’une infime partie d’eux-mĂȘmes se dĂ©veloppe pour laisser enfin s’exprimer leur vĂ©ritable personnalitĂ©, rĂ©primĂ©e durant tant d’annĂ©es par leur environnement familial.

En conclusion, bien que ce roman manque de ce petit plus qui aurait pu faire de lui un rĂ©cit exceptionnel, il n’est pas non plus Ă  blĂąmer et Ă  placer tout au bas de l’Ă©chelle. Je reste malgrĂ© tout heureuse d’avoir pu le lire et remercie du fond du cƓur les Ă©ditions DenoĂ«l pour leur gentillesse quant aux services-presse que ceux-ci m’envoient ainsi que leur sympathie Ă  mon Ă©gard !

Citations : 

  • Chie dans une main et rĂȘve dans l’autre et tu verras bien laquelle est pleine en premier. Elle disait la mĂȘme chose Ă  propos de la priĂšre…
  • Peut-ĂȘtre que papa avait vraiment le don de voir l’avenir, mais qu’il Ă©tait juste trop con pour en tirer quelque chose.
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4 réflexions sur “Critique : Les Enfants de l’Eau Noire, Joe R.Lansdale

  1. Ce que j’ai aimĂ© c’est justement ce qui place ce roman au plus prĂšs de nous, mĂȘme si l’intrigue se passe il y a prĂšs d’un siĂšcle dans un contexte trĂšs diffĂ©rent. L’horreur est ailleurs, plus insidieuse. Mais je te l’accorde, pour moi ce n’est pas un thriller non plus!!!

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