Critique : Oliver ou la Fabrique d’un Manipulateur, Liz Nugent

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Edition : Denoël
Date de parution : 3/09/2015
Prix : 20,50 €
Nombre de pages : 242
Genre : psychologie
Note : 15/20

Résumé : Alice et Oliver Ryan sont l’image même du bonheur conjugal. Complices, amoureux, ils mènent la belle vie. Pourtant, un soir, Oliver agresse Alice avec une telle violence qu’il l’a plongé dans le coma. Alors que tout le monde cherche à comprendre les raisons de cet acte d’une brutalité sans nom, Oliver raconte son histoire. Tout comme les personnes qui ont croisé sa route au cours des cinquante dernières années. Le portrait qui se dessine est stupéfiant. Derrière la façade du mari parfait se cache un tout autre homme. Et lorsque le passé ressurgit, personne n’est à l’abri, pas même Oliver.

Tout se sait un jour ! Voici la ligne directrice de ce roman à suspense. Nous aurons beau tenter de dissimuler un quelconque secret, la vérité finira toujours par éclater.

Dès la première phrase, le lecteur est plongé dans la sombre atmosphère du roman. « La première fois où je l’ai frappée » … J’étais consciente d’avoir choisi un livre qui allait parler des violences conjugales lorsque j’ai envoyé ma sélection du mois de septembre aux éditions Denoël. Mais je ne pensais pas être jetée dans la gueule du loup d’entrée de jeu. Cela ne m’a pas gênée pour autant. Je dois même avouer que cela m’a fait plaisir d’entrer directement dans le vif du sujet. (Eh oui, il y a parfois des livres dans lesquels il est difficile de se plonger car l’intrigue met du temps à se mettre en place. Ce n’est pas le cas de celui-ci.)

Suite à l’agression de sa femme, Alice, s’en suit une enquête sur les motifs de son mari, Oliver, pour avoir fait preuve d’une telle violence. J’ai pu rapidement constater que le récit était tissé tel un ensemble d’interrogatoires mis bout à bout. A chaque nouveau chapitre, un nouveau narrateur prend la parole. Tour à tour, les personnages défilent et expliquent le lien qu’ils avaient avec Oliver avant le fameux « incident ». Parfois, leur récit est interrompu et le lecteur n’en connaîtra la suite que lors d’un tout autre chapitre quelques pages plus loin. J’ai trouvé cela d’autant plus passionnant car cela laisse le lecteur en attente tel que le serait un fan de séries attendant le prochain épisode de l’une de ses préférées ! (Je sais que vous vous reconnaissez ! 😛 )
Les personnages nous font part de leur passé, de leurs vies respectives pour ainsi faire la lumière sur leurs secrets les plus sombres et les plus enfouis. Mais cela ne nous permet pas seulement de mieux les connaître, il s’agit avant tout de délier l’intrigue principale et, à la manière d’un policier, de mieux comprendre les motifs du coupable.

Ce qui est également très intéressant lors de la lecture de cet ouvrage, c’est que, selon les chapitres, il est question d’Oliver, le personnage principal, lors de ses jeunes années. On est alors bien loin du Oliver dont il est question dans le premier chapitre. Le lecteur peut donc parfois avoir tendance à oublier qu’il s’agit de l’évolution d’un jeune garçon apparemment normalement constitué, si je puis dire (car qu’est-ce qu’être « normal » ?), en un homme manipulateur tel qu’on en voit souvent dans les téléfilms allemands qui remplissent tant bien que mal nos longues après-midis d’ennui dans le canapé. Le lecteur ne doit pas se sortir de l’esprit qu’il ne s’agit de rien d’autre que de la fabrique d’un manipulateur…

En somme, j’ai bien aimé cette lecture et suis très heureuse que les Editions Denoël m’aient proposé de recevoir ce livre afin de pouvoir donner mon avis sur celui-ci. L’intrigue est très bien ficelée et jusqu’au bout, je n’aurais jamais pu prétendre me douter de la dure vérité.

Citations : 

  • Chez les fous on n’utilise pas le terme de prisonniers. « C’est le politiquement correct devenu cinglé ! ».
  • Pas besoin d’aimer une personne. Il suffit d’aimer l’idée que l’on se fait d’elle. On peut alors l’idéaliser et la transformer en celle dont on a besoin.
  • Un génocide a lieu chaque jour dans un endroit du monde et qu’il est plus facile pour nous de prétendre que ce n’est pas le cas, plus facile d’éteindre la télévision ou de faire abstraction de l’article de presse qui en parle.
  • On a beau essayer, on n’oublie pas la pire période de sa vie. J’ai passé tellement d’années à espérer changer les choses. Et si nous avions fait ci, et si nous avions fait cela… La douleur est toujours présente. Le temps ne fait rien à l’affaire. C’est un mensonge. On s’habitue à la blessure, c’est tout. Rien de plus.

 

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