Critique : Les Cerfs-Volants de Kaboul, Khaled Hosseini

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Edition : 10/18
Prix : 8,80 €
Nombre de pages : 410
Genre : drame
Note : 18/20

RĂ©sumĂ© : Dans les annĂ©es 70 Ă  Kaboul, le petit Amir, fils d’un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamnĂ© pour ses origines Ă  exĂ©cuter les tĂąches les plus viles. LiĂ©s par une indĂ©fectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une citĂ© ouverte et accueillante. Ni la diffĂ©rence de leur condition ni les railleries des camarades n’entament leur amitiĂ©. Jusqu’au jour oĂč Amir commet la pire des lĂąchetĂ©s…
EtĂ© 2001. RĂ©fugiĂ© depuis plusieurs annĂ©es aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. « Il existe un moyen de te racheter », lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongĂ©e au coeur de l’Afghanistan des talibans… et de son propre passĂ©.

Ce livre m’avait Ă©tĂ© conseillĂ© par ma prof d’histoire/gĂ©ographie en terminale. Nous Ă©tions en train d’Ă©tudier les conflits ayant lieu dans les pays arabes. Elle nous avait bien dit que c’Ă©tait un ouvrage trĂšs poignant et magnifiquement bien Ă©crit. Je ne peux que confirmer ses dires. J’ai tout simplement adorĂ© ce livre du dĂ©but Ă  la fin. Aucun passage ne m’a laissĂ© pantoise, ni ne m’a ennuyĂ©. Je ne pensais vraiment pas autant adhĂ©rer Ă  l’histoire. Je ne pensais pas ĂȘtre tout aussi passionnĂ©e que je le suis en lisant un livre portant sur la seconde guerre mondiale. Et pourtant…

Les Cerfs-Volants de Kaboul est une histoire d’hommes, de frĂšres. Entre secrets, regrets et volontĂ© de racheter ses fautes, ce livre est un amas de mystĂšres dont le voile se lĂšve enfin au fil des pages. Amir, l’un des principaux protagonistes de ce roman, celui dont nous suivons le long parcours vers le pardon, a vĂ©cu des annĂ©es durant aux cĂŽtĂ©s de son Baba, d’Ali et de son fils et frĂšre de lait, Hassan. Lorsqu’ils Ă©taient enfants, Amir et Hassan Ă©taient insĂ©parables et partageaient tout ensemble. Jusqu’au jour oĂč tout bascula. DĂšs lors, plus rien n’Ă©tait pareil et des vies chamboulĂ©es.

A la fois poignant et bouleversant, on ne peut ĂȘtre que saisi par toute l’humanitĂ© se dĂ©gageant de ce roman. Qui ne fait pas des erreurs? Qui n’a jamais souhaitĂ© se faire pardonner, voire se pardonner Ă  soi-mĂȘme? Ce livre est pour moi une dĂ©nonciation quant Ă  toutes ces familles dĂ©truites par la guerre en Afghanistan mais Ă©galement une rĂ©vĂ©lation d’un point de vue humain qu’il s’agisse de l’absolution des erreurs passĂ©es ou du parcours de nos chers personnages qui ne sont finalement pas si diffĂ©rents de nous.
Mais cet ouvrage est tellement riche. Il y a tant Ă  dire ! Oui car c’est Ă©galement le rĂ©cit d’un jeune garçon sans cesse Ă  la recherche de l’amour de son Baba, de sa reconnaissance ; le rĂ©cit d’un enfant dont le pĂšre semble ignorer l’existence jusqu’Ă  ce qu’il lui prouve qu’il mĂ©rite d’exister Ă  ses yeux. Ce roman est un ensemble de quĂȘtes dont les chemins semblent se rejoindre en un seul point d’arrivĂ©e. Un seul mot d’ordre : l’espoir.

J’ai vraiment beaucoup aimĂ© ce livre et le conseille vivement Ă  qui s’intĂ©resse au monde qui l’entoure. Il est constituĂ© de 400 pages mais celles-ci se lisent trĂšs rapidement. Les « petits lecteurs » peuvent donc oser et se lancer ! 🙂

Citations : 

  • Lorsqu’on tue un homme, on vole une vie. On vole le droit de sa femme Ă  un mari, on prive ses enfants de leur pĂšre. Lorsqu’on raconte un mensonge, on dĂ©possĂšde quelqu’un de son droit Ă  la vĂ©ritĂ©. Lorsqu’on triche, on dĂ©robe le droit d’un autre Ă  l’Ă©quitĂ©.
  • Impossible en revanche de me rappeler Ă  quel mois, ni mĂȘme Ă  quelle annĂ©e remontent ces instants. Je  savais juste que ce souvenir vivait en moi, tel un morceau parfaitement prĂ©servĂ© d’un passĂ© radieux, une touche de couleur sur la toile grise et dĂ©solĂ©e qu’Ă©taient devenues nos vies. 
  • J’aurais prĂ©fĂ©rĂ© que Rahim khan ne m’ait jamais appelĂ©, qu’il m’ait laissĂ© continuer Ă  vivre avec ces Ă©vĂ©nements enfouis au fond de ma mĂ©moire. Il en avait toutefois dĂ©cidĂ© autrement. Et ses rĂ©vĂ©lations que, bien avant l’hiver 1975 – en fait, depuis l’Ă©poque oĂč une Hazara me donnait le sein -, toute ma vie n’avait Ă©tĂ© qu’un cycle de mensonges, de trahisons et de secrets. 
  • Tu as mal agi, Amir jan, mais n’oublie pas que tu n’Ă©tais q’un enfant lorsque cela s’est produit. Un enfant perturbĂ©, qui plus est. Tu faisais preuve d’une trop grande sĂ©vĂ©ritĂ© Ă  ton Ă©gard Ă  l’Ă©poque, et tu continues aujourd’hui – je m’en suis rendu compte Ă  Peshawar. Sache cependant une chose : un homme dĂ©pourvu de la moindre conscience et de la moindre bontĂ© ne connaĂźt pas la souffrance. Puisse la tienne cesser avec ce voyage.
  • Ce n’Ă©tait qu’un sourire, rien de plus. Il ne rĂ©solvait pas tous les problĂšmes. Ni mĂȘme aucun, d’ailleurs. Juste un sourire. Un dĂ©tail. Une feuille dans les bois agitĂ©e par le brusque envol d’un oiseau effrayĂ©. 
    Mais qu’Ă  cela ne tienne, je m’en accommodais de grand cƓur. Parce que la neige s’efface flocon aprĂšs flocon Ă  l’arrivĂ©e du printemps, et peut-ĂȘtre avais-je Ă©tĂ© tĂ©moin de la fonte du premier d’entre eux. 
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