Critique : Depuis 60 ans, l’Afrique s’est trompĂ©e, Donnet Sisa Nzenzo

9782342015171_r
Edition :
Mon Petit Éditeur
Prix : 13,25 €
Nombre de pages : 66
Genre : essai
Note : 13/20

AprĂšs avoir terminĂ© ce petit essai, j’Ă©tais trĂšs Ă©tonnĂ©e. Pour tout vous dire, je ne m’attendais pas Ă  ce que le sujet de l’Afrique et ses injustices soit aussi bien traitĂ©. Il se dĂ©gage beaucoup de professionnalisme de cet ouvrage.

Etant donnĂ© que l’ouvrage ne fait que 66 pages, Donnet Sisa Nzenzo entre dans le vif du sujet trĂšs rapidement. NĂ©anmoins, le manque d’introduction ne m’a pas choquĂ©e pour autant. DĂšs les premiĂšres pages, l’auteur dĂ©nonce les inĂ©galitĂ©s rĂ©gnant dans l’Union Africaine et les injustices que subit continuellement sa population. Il est Ă©galement question des nombreux prĂ©jugĂ©s que nous, EuropĂ©ens, avons sur les Africains.
Plus j’avançais dans ma lecture et plus j’avais le sentiment que l’auteur lançait un vĂ©ritable appel aux populations. Pour moi, Donnet Sisa Nzenzo m’a semblĂ© vouloir rĂ©veiller sa patrie afin qu’elle se lĂšve enfin et agisse, qu’elle se libĂšre de ses chaĂźnes que les politiciens africains et les Occidentaux s’entĂȘtent Ă  leur nouer au corps.

Cet ouvrage est exactement le genre de livre que je cherchais Ă  lire depuis quelques temps. Je ne lirais pas cela tous les jours mais je trouve que c’est une lecture intelligente par laquelle je peux enrichir ma culture, me passionnant toujours plus pour le monde qui m’entoure. Pauvre en pages, ce livre est cependant trĂšs riches en informations ; cela rĂ©Ă©quilibre la balance. D’autant plus que l’auteur sait de quoi il parle et en parle bien.

Citation : 

  • J’ajouterais Ă  l’intention de mes dĂ©tracteurs qu’ils ont tort de penser que les dĂ©mons sĂ©vissant en Afrique sont les mĂȘmes que
    ceux existant en Occident. Pas du tout. Au cas oĂč il arriverait que des individus et des organisations Ă  travers le monde puissent partager un certain nombre d’intĂ©rĂȘts, chaque civilisation conserverait des tabous qui lui sont propres.

Interview :

  • Peux-tu dĂ©velopper les raisons t’ayant poussĂ©es Ă  rĂ©diger cet essai? Avais-tu un but en l’Ă©crivant?

La rĂ©daction de cet essai est intervenue au lendemain du printemps arabe et de ses consĂ©quences dans certains pays africains (Principalement en Egypte, en Tunisie, en Lybie et au Mali). A la fois, j’étais heureux du comportement des nombreux magrĂ©bins qui s’étaient enfin dĂ©cidĂ©s Ă  se soulever contre la dictature, le nĂ©potisme et l’immobilisme au pouvoir de leurs propres dirigeants. Mais j’étais aussi choquĂ© par la façon dont les informations qui nous parvenaient en France avaient Ă©tĂ© traitĂ©es par des soi-disant intellectuels, portes-paroles, mĂ©dias et/ou autoritĂ©s morales bien pensantes. Je trouvais cela sidĂ©rant qu’on puisse condamner l’occident, non qu’elle soit une entitĂ© parfaite, pour des choses qu’elle n’avait pas commises. Par exemple, lorsqu’on accusait la France d’ĂȘtre complice, voire mĂȘme coupable, de tous les maux que les africains ont eu (et continuent) Ă  subir. Et que c’était Ă  elle que revenait le plus grand tort concernant la mort des individus qui ont osĂ© descendre dans les rues, durant le printemps arabe, pour rĂ©clamer une meilleure redistribution des richesses et le dĂ©but d’une vĂ©ritable dĂ©mocratie. J’estime non seulement que les dirigeants africains, depuis les indĂ©pendances de leurs pays dans les annĂ©es 60, ont eu un rĂŽle Ă  jouer dans le malheur de leurs semblables mais que ce rĂŽle nĂ©faste a Ă©tĂ© largement plus important que celui jouĂ© par la communautĂ© internationale. Le but d’écrire cet ouvrage a Ă©tĂ©, en toute modestie, de replacer la rĂ©alitĂ© dans son vĂ©ritable contexte, et d’honorer la mĂ©moire des saints martyrs africains.

  • EspĂšres-tu faire rĂ©agir certains jeunes qui comme toi sont venus Ă©tudiĂ©s Ă  l’Ă©tranger mais qui ne s’engagent pas Ă  proprement dit dans la « libĂ©ration », si je puis dire, de leur pays?

Non, pas du tout. Je n’espĂšre rien de la part de mes semblables. Moi-mĂȘme, bien que je sois noir, africain et fier de l’ĂȘtre, je suis en aucun cas un activiste. Et, pour l’instant, je n’imagine nullement une vie chez moi au Congo – Ă  court ou moyen terme. J’appelle juste Ă  la rĂ©flexion. L’Afrique est le voisin de l’Europe. Vice versa. Et, cela restera probablement ainsi jusqu’à la fin des temps. Alors, il est Ă  mon avis important de cohabiter ensemble dans la vĂ©ritĂ©. Accuser autrui, en l’occurrence la communautĂ© internationale, d’ĂȘtre le principal responsable du malheur de l’Afrique est l’un des plus grands mensonges actuels. Ce ne sont pas des blancs (ni mĂȘme des asiatiques) qui s’accrochent au pouvoir, qui votent les lois contre les homosexuels, qui condamnent des innocents Ă  des peines injustes, qui dĂ©tournent l’argent de l’Etat Ă  leurs propres profits. Ce sont les dirigeants africains. Dans mon essai, j’approfondis ces argumentations, et je donne d’autres exemples plus poussĂ©s qui soutiennent ma vision des choses.

  • Certains de nos lecteurs ne connaissent pas m. Senghor que tu nommes Ă  plusieurs reprises dans ton essai, pourrais-tu nous en parler?

La personne de Monsieur Senghor est tellement spĂ©ciale et complexe que je ne peux pas me permettre de rĂ©sumer sa personne et son parcours en quelques lignes. Par ailleurs, comme vous venez vous-mĂȘme de le dire, j’en parle dans mon ouvrage.

  • Cette idĂ©e d’essai te trottait-elle dans la tĂȘte depuis longtemps? As-tu mis longtemps Ă  rassembler les informations te permettant de rĂ©diger ton ouvrage? Certaines ont-elles Ă©tĂ© plus difficiles que d’autres Ă  obtenir?

Non, cette idĂ©e est tout Ă  fait rĂ©cente. Elle a commencĂ© Ă  germer dans ma tĂȘte dĂšs le dĂ©but des rĂ©volutions arabes. J’ai Ă©crit ce livre en 2 Ă©tapes. La premiĂšre, durant l’annĂ©e 2011. Et, la seconde, en 2013. Ces informations ont Ă©tĂ© faciles Ă  obtenir. Elles ont Ă©tĂ© rĂ©coltĂ©es de maniĂšre indirecte auprĂšs des organismes et/ou des personnalitĂ©s de premier plan sur les diffĂ©rents problĂšmes en Afrique. Je peux entre autres mettre en avant les interviews de Monsieur Michel Camdessus, ancien directeur du Fonds MonĂ©taire International, et les nombreux rapports du ComitĂ© pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde. En sigle la CADTM.

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